Ce Blog a été créé en premier pour ma famille et mes amis, en réponse à une demande de "liste de naissance":
- voir le tout premier article du Blog, du dimanche 17 novembre 2013
- suite à des remarques, je vous signale que les liens sont en marron, exemple dans la ligne juste au-dessus. Cliquez dessus pour voir les articles.

Ce Blog est aussi un carnet reflet de ma maternité et un lieu de mutualisation de réflexions, idées, astuces, contacts autour de Bébé, et maintenant du jeune enfant élaborés, trouvés et reçus au gré de lectures et rencontres avec de belles personnes.

On peut aussi y trouver quelques unes de mes propositions artistiques, notamment tous les rendez-vous pour écouter mes contes, les informations concernant mes publications et mes coups de cœur.

J'espère qu'il vous sera utile et/ ou que vous prendrez plaisir à le lire.


Plein d'amour.

Isabelle.

samedi 23 mai 2015

Front de mères



Hier soir, le CCAD, le Collectif de Défense de l'Accouchement à Domicile, auquel j’ai adhéré, organisait la venue de l’auteure Frédérique Horowitz, au Court-Circuit Café, au sujet de la sortie de son livre Fronts de mère.
 
Je ne savais pas si je viendrai : cela serait il adapté aussi pour mon petitou. Parler de nouveau d’accouchement, n’est-ce pas dur pour les petits? Il avait bien dormi l’après-midi et nous n’étions pas sortis, alors voir du monde, au premier étage du Court-Circuit Café qu’il commence à bien connaître, était un régal pour lui. Un vrai petit poisson dans l’eau.

Je ne savais pas qu’il m’était encore si difficile d’évoquer mon accouchement. Tant d’émotions. Il a été si extraordinaire. L’écriture se presse en moi.

Cette soirée a été très nourrissante pour nous, pas de bouffe, mais de nourriture vraiment de qualité sur tous les plans :
-   Nourriture de l’écoute. Nous, femmes, mères avec ou sans nos petitou, avec ou sans nos chaussures, au sol, à écouter Frédériqie dans son fauteuil, nous parler de son parcours, de ses accompagnements, de ses réflexions guidées par une sagesse acquise au fil des expériences.Merci. J'avais l'impression d'être dans Rêve de femmes: au cœur de la sororité.
-    Nourriture de présence. Femmes, mères, riches de nos choix, de nos positionnements, de nos lumières. La présence de Laurence, notamment, sage-femme à domicile, était un vrai cadeau.
-    Nourriture d’hummous, de salade de riz fine, de toasts à la tomate, de tartelettes à la confiture délicieuse, réalisée par le Court Circuit Café, que Petitou a aussi adoré.
-     Nourriture des échanges, des nouveaux contacts échangés, des nouvelles idées, des propositions.
Je suis heureuse d’être venue.


La conscience

Je retiens notamment une parole de Frédérique :
"On ne peut forcer quiconque à prendre conscience de quelque chose s’il n’en est pas prêt. Cela lui ferait du mal."
Quand je sais des choses, j’ai envie que tout le monde le sache. Je n’avais jamais pensé que ces savoirs pouvaient faire du mal à ceux qui ne sont pas prêts à les accueillir. 
Pardon.

dimanche 10 mai 2015

L'homme qui avait décidé de s'émerveiller

On croit souvent qu'il est naïf, comme s'il ne connaissait pas les malheurs de la vie.
Or, c'est tout le contraire, il sait très bien, trop bien, alors il décide de regarder ailleurs.

Il regarde les fleurs, les oiseaux, les dégradés du ciel,
Il sent l'odeur de la terre, prend le temps de sentir le parfum des roses,
Il aime faire rouler des galets dans ses mains et sentir l'eau de la mer l'envelopper de sa générosité.

Mais un homme lui met la tête dans la m... "Et ça, tu l'as vu? Comment tu fais avec ça?"
Notre homme ne se laisse pas déconcerté. Après s'être soigneusement lavé, il explique qu'il suffit de mélanger cette matière avec de la terre, et puis, vas, ça l'aidera.
Ah bon!

Et il repart regarder les levers de soleil,
sentir les embruns,
caresser les graminés.

Mais un homme lui remet la tête dans la m... Rebelote, notre homme ne se laisse pas décontenancer.

Cela peut durer longtemps comme ça.

Tant que les hommes ne comprennent pas que se tourner du côté du soleil n'est ni nier ou méconnaître les ombres, ni s'aveugler, ils continueront à regarder, à montrer et à faire mettre les têtes dans la m...
Heureux sont ces hommes qui gardent leur cap, dans l'émerveillement, tournés vers la beauté, heureux... et très intelligents.

mercredi 22 avril 2015

Conférence du Dr Guéguen


Prenez le temps de vous installer confortablement pour deux heures de visionnage et regardez:
https://vimeo.com/117247370

puisqu'on a besoin que la science le montre,
parce que nous sommes 95% de la population mondiale à avoir subi de la violence et à la reproduire jusqu'ici...

Câlin et plein de chatouilles.

Conjonctivite

Alexandre a eu trois rhumes depuis sa naissance et trois conjonctivites. Sinon pas d'autres désagrements de santé, Dieu et le lait maternel merci!
Mais doublement merci au lait maternel qui a soigné DIRECTEMENT la dernière conjonctivite.
Je m'explique.
L'oeil droit d'Alexandre était donc rouge. Je m'appliquais à lui mettre le collyre BORAX dans l'oeil. Il avait horreur de ça. Et je lui donnais les trois fois trois granules par jour de traitements homéopathiques. Un coup il ouvrait la bouche et les suçotait, un coup il les recrachait... Bon.
Et puis j'ai rencontré mon homonyme: Isabelle. Je lui parle de l'oeil d'Alexandre. Elle me dit:
"Tu allaites encore Alexandre?
- Oui
- Tu as encore du lait?
- Oui
- Alors tu lui en mets dans l'oeil."
Regard d'incompréhension de ma part.
" Oui pour ma fille, c'est ce que j'ai fait. Tu vas voir, c'est magique! En Afrique, c'est très connu, ici pas du tout. Un jet dans l'oeil, il ne s'y attendra pas, il va trouver ça drôle." Bon.
De retour à la maison, j'ai attendu d'avoir une belle petite montée de lait et pchiiit! Il n'a pas trouvé ça drôle ("Mais qu'est-ce que tu me fais Maman?" voulait plutôt dire sa plainte de protestation), mais dans l'heure qui a suivi, plus de rougeur! 
Oui, c'est "magique!" 
Merci Isabelle! Merci le lait! Merci Seigneur qui donne à notre corps tant de ressources! :)

samedi 18 avril 2015

Jouer avec les couleurs de la vie

La nouvelle revue de Rêve de femmes vient de paraître.


Un de mes articles paraît sur leur site:
http://www.revedefemmes.net/pages/revues.php

"J’ai pu expérimenter de diverses manières les pouvoirs de l’art sur la santé et la vitalité, dans mon quotidien, en tant que patiente et en tant qu’animatrice d’ateliers. Laissez-moi vous conter un peu comment !

Tout commence par les quatre éléments.
Marie-Agnès est relaxothérapeute-sophrologue. Depuis deux ans, je la retrouve toutes les semaines. Je me détends auprès d’elle et surtout je peux déposer mon sac d’émotions contrôlées ou retenues, mes soucis et mes questions auprès d’elle. Je dépose mes blessures, je laisse les larmes tomber, je laisse le sol s’en abreuver. Marie-Agnès accueille. Elle écoute. Elle m’aide à laisser passer mes angoisses comme des nuages gris dans un ciel bleu qui filent sous le vent naturel de la vie. Elle m’aide à avancer.

Un jour, elle m’invite à un travail un peu particulier. Elle propose que je confectionne sur plusieurs séances des mandalas, des mandalas qui représenteraient chacun un des quatre éléments. J’accepte.
Il y a quelques années, lors d’une crise aiguë de fatigue, le coloriage de mandalas m’apaisait. Cela me permettait de me concentrer, de clarifier mes idées, de les affirmer, de les trier, de libérer mon imagination sans qu’elle se disperse. Pourtant, une personne dite « soignante » avait décrété devant moi que « seuls les psychotiques font des mandalas » ; je ne voulais pas être « psychotique » et j’arrêtais cette occupation tout de suite. Marie-Agnès balaye cette remarque : tout le monde trouve des bénéfices à utiliser des mandalas ! Je lis alors divers ouvrages sur les bienfaits de ces cercles concentriques.
Puis, Marie-Agnès amène une grande feuille cartonnée, environ 50 cm sur 50 cm, elle me guide dans des visualisations, notamment par des exercices corporels et de respiration. Je peux cueillir et ramasser toutes sortes d’éléments de la nature dans le parc où se situe le cabinet : de la terre, des herbes, des feuilles, de la mousse, des fleurs... Marie-Agnès me présente aussi de belles revues où je peux découper les images que je souhaite. J’ai accès à des pastels, des feutres, peintures et colles diverses. Avec tous ces matériaux, je crée, je crée et je raconte, les histoires surgissent, le sens se construit, mes énergies se rééquilibrent. Chacun de ces travaux me plonge dans la partie la plus créative qui réside en moi. Du doute, des peurs, je passe à la confiance, à l’assurance : je sens la source de mes idées et de mes envies vivantes. Ces quatre réalisations finissent ma thérapie.
En parallèle à cette thérapie, je suis assistante dans une communauté de l’Arche de Jean Vanier. Je propose des activités essentiellement artistiques aux personnes avec handicap mental : de l’expression corporelle, de la peinture, du chant... Je vais alors moi-même être amenée à me poser la question de suivre une formation pour devenir art-thérapeute. Je suis acceptée à l’école d’Avignon, mais je me rétracte prenant connaissance qu’il vaut mieux avoir un autre diplôme professionnel dans le milieu social, éducatif ou médical ou bien vivre déjà d’un art, afin de pouvoir vivre de cette profession. Je m’oriente alors vers la filière de l’éducation. Cependant, je garde à jour ma trousse d’activités artistiques.

Je suis en effet convaincue que le pouvoir de l’art est grand. Il permet de s’exprimer et quand on le fait tendre vers ce qui est le plus beau, il soigne. Combien de fois ai-je expérimenté cela, et de diverses manières ? Une personne me critique derrière mon dos. Certes elle dénonce un de mes défauts ou me plaint, mais loin de m’orienter vers quelque chose de meilleur, elle me blesse et m’enfonce. Si au contraire, cette même personne me parle directement, avec le sourire, et m’embarque dans une action, une danse, une peinture, un chant, la confection d’un objet... Je dépasse mes limites. Combien de fois une personne que je payais pour me confier me donnait l’impression de tourner en rond ou de parler dans le vide ? J’y ai passé des heures. Alors que dès que, par exemple, on me donne entre les mains des bouts de laine pour confectionner un jouet pour enfant, ou lorsque j’apprends une nouvelle chanson ou quand je suis amenée à danser ou bien que j’écris une histoire, je sens que j’avance. J’avance, car je construis. Je sais que je fais du mieux que je peux et que j’ai envie que cela soit beau. Le chemin pour le réaliser comme le résultat réchauffent le cœur. Je sens que ces réalisations soignent ce qui est tordu, dans le doute, blessé en moi. Le fait d’être capable de créer me guérit et me redresse. La création est par essence même un acte divin. Quand je crée, je me rapproche de Celui qui a créé, crée et renouvelle tout, lui qui est tout amour et guérit toute blessure. Et je suis sûre que cette chaleur à l’âme au moment de la création provient du fait d’être à ce moment-là si proche de Sa source.

J’ai vécu deux fois une semaine de Gospel sur les îles de Lérins avec d’autres jeunes qui comme moi venaient se ressourcer et chanter. La chanteuse Kristaa Williams, femme de voix et de cœur, nous guidait. A chaque fois, le chant est venu nous inviter à nous révéler et nous dépasser. Quelle force de voir chaque jour l’un d’entre nous fondre en larmes et les autres l’entourer, le soutenir et lui offrir la possibilité de trouver courage et amour. Nous avons vécu ensemble tout au long de ces semaines solidarité et multiples guérisons. Nos concerts ont touché les publics, ravis.

Même si les mots (lors d’une séance avec un psychologue) sont importants, même si le corps est important (pris en compte par un médecin par exemple), un acte, d’autant plus se rapprochant du beau est aussi, sinon plus efficace. Alors, allons-y, expérimentons-le : rêvons et dansons, chantons, jouons, tricotons, brodons, peignons, écrivons, composons ! La vie offrira dès lors ses couleurs, ses couleurs les plus bénéfiques."




jeudi 16 avril 2015

Naître et grandir 2.

Je vous avais recommandé ce site pendant la grossesse.

Je le trouve aussi super pour après.

Ce site canadien, québécois s'appuie sur le développement de l'enfant pour prodiguer conseils et idées d'activités.

J'aime bien la remarque que je viens de lire aujourd'hui pour les enfants de 1 an: "ne comparez pas votre enfant aux autres, à chacun son rythme, moteur, langagier, relationnel!" 

jeudi 9 avril 2015

Tamara

Voici une lecture qui me fait beaucoup rire.Quand j'ai lu des livres bien sérieux, ou pour petits enfants (au bout d'un moment qui me font réfléchir "agaga geugeu coco"), eu de (grosses) déceptions (bouhouhou), je lis:

Tamara, de Darasse et Zidrou

Tamara est une adolescente boulotte dans une famille recomposée. Son beau-përe est un musicien brésilien et sa petite demi-soeur s'appelle Yoli. C'est une bande dessinée remplie de tendresse et d'humour.
Des fois, je rigole dans mon lit en les lisant, je vois alors une petite main soulever le tour de lit et un grand sourire apparaître derrière les barreaux du lit, ou bien j'entends carrèment Alexandre rire aussi dans le lit! Bref: c'est bon pour tout le monde!

Je vous le conseille aussi parce que je rencontre des parents qui se questionnent également sur leurs adolescents. Ça peut donner des pistes...
Moi, ça me réconcilie avec l'adolescente que j'ai été.

Zhiboux.


mardi 31 mars 2015

Grandissons 2.



En février j’ai enfin adhéré à l’association "Grandissons". 

Je suis allée à deux Pep’s cafés au Court-circuit. Nous pouvons apporter des questions, problèmes ou apports sur l’éducation. L’espace est bien adapté pour les jeux des petits qui se rencontrent et les adultes qui échangent.

J’ai donc aussi pu avoir accès à la bibliothèque. 
Depuis mon adhésion, j’ai pu emprunter et lire  La Violence éducative, d’Olivier Maurel.  
Je vous en fais part bientôt dans un prochain article.

Je vous invite à aller voir le site de cette association. Samedi prochain notamment, elle fait venir CarlosGonzalez à Cagnes sur Mer.
Toutes les infos ici: http://grandissons.org/?page_id=1817

mardi 17 mars 2015

La naissance des chatons


Mon texte sur "la naissance des chatons" paraît dans ce nouveau numéro de Fanette et Filipin. N'hésitez pas à le commander ou si vous me voyez, à m'en demander un numéro (sans frais de port auprès de moi)!

Je mets en effet un peu entre parenthèses mon activité de conteuse pour me consacrer davantage à l'écriture. Je vous souhaite de bonnes lectures, présentes et à venir :)

mercredi 7 janvier 2015

Yodéli, à la recherche du bonheur



Yodéli est un petit garçon qui vit avec ses parents et son frère. Il vit dans une jolie maison, avec un grand jardin, de beaux arbres, une balançoire et un bac à sable. Pourtant il n’est pas heureux. Il décide alors de partir pour trouver le pays où il serait toujours content et heureux…

Venez écouter l’histoire de Yodéli, à la recherche du bonheur, (histoire tirée du journal Fanette et Filipin de cet hiver) chez Maman Bulle, ce samedi 10 janvier à 16h! 



Les enfants, dès bébés, seront heureux d'entendre l'histoire, entrecoupée de temps d'expression corporelle
.
Prière de réserver votre place au 04 93 41 98 16.


jeudi 1 janvier 2015

Bonne année 2015!


"Viens voir! Le soleil sort!" dit Papapapy
Je sors. Il fait 1 degré tout rond et nous sommes le 1er janvier tout rond 2015.
Le ciel est tout blanc, le soleil paraît comme une lune blanche.

"Regarde, le ciel est bleu!" dit Papapapy
Il y a une touche de bleu dans le gris du ciel.

"Regarde Papapapy, une rose de Noël!"
Je montre cette rose givrée.

Je vous souhaite pour la nouvelle année, ce regard qui s'émerveille de chaque touche de beauté, de poésie, au milieu de ce qui aurait pu paraître "pas beau".

Je vous laisse avec ce texte, que j'aime.


lundi 29 décembre 2014

Le Cercle d'une naissance



J'avais envoyé cet article cet été à la revue Rêve de femmes, mais il se trouvait entre le thème du dossier et le style du partage et du coup, n'a pas été sélectionné:

"Mon ami dragon Falcor m’annonce toujours les passages et cycles de ma vie. Il vient à mes côtés ici pour vivre le rêve du don et de l’accompagnement de la vie.

Ce petit matin-là, alors que je suis allongée sur la plage, rêvant devant ces premiers rayons de soleil d’automne qui commencent à sourire dans le ciel, un éclair blanc sort de la mer et le dragon de mon enfance, mon compagnon depuis presque toujours, surgit des vagues. Il vole et dans un grand souffle vient se poser à côté de moi de tout son long. Quand Falcor apparaît, c’est en général que quelque chose d’important va se passer dans ma vie. Falcor a des grands yeux sombres aux longs cils. Ses poils blancs duveteux, ses oreilles qui se balancent comme ses toutes petites ailes, tout chez lui a un air de douceur. Je rêve depuis longtemps de voler sur le dos de Falcor. Sa présence m’emplit de bonheur et d’attente en même temps : joie de le sentir à mes côtés, impatience de partir à l’aventure avec lui, grâce à lui. Mais il n’est pas pressé, sa langueur fait partie de sa douceur. Alors je prends des galets dans le creux de mes mains. Falcor cependant tourne sa grande tête vers mes genoux et la dépose dessus en soupirant visiblement de contentement. Alors je passe mes mains dans ses poils. Il ronronne comme un gros chat sous mes caresses. Entre le son des vagues, la chaleur douce du soleil et de mon compagnon, ainsi que son bruit de bonheur, il me semble à la fois m’évaporer dans la lumière et l’eau si bonnes et sentir la Vie battre pleinement en moi.
Puis son regard se plonge dans le mien : « tu es enceinte » m’annonce-t-il. Immédiatement, une joie immense m’emplit. Je ne suis certes plus avec le papa, mais qu’importe, je souhaite depuis si longtemps porter la vie. Mais soudain j’ai peur. Chacun de nos pas avancent ou reculent selon notre degré de peur ou de désir. Là j’accueille la nouvelle, mais mille et une questions apparaissent : je veux être respectée pendant ma grossesse, pendant mon accouchement et faire que mon enfant se sente profondément aimé, comment faire? Je connais les protocoles des gynécologues qui ne parlent que de poids, de mesures, de traitements et d’interventions, je connais les accouchements où l’on crie, on tire, on pousse, on coupe, on césarise à tire larigot, je connais ses enfants affublés de caprices, d’humeurs, d’intentions, alors qu’ils ne demandent qu’à être tout contre et profondément compris. Je ne veux rien de tout cela. Je le rejette d’un bloc. Comment y échapper? Falcor souffle et de ses narines fumantes se dessinent des formes, comme autant de pistes possibles. Est-ce que je rêve trop grand? Je vois des femmes, comme des sœurs, qui me regardent de manière bienveillante, elles écoutent, leurs yeux pétillent de joie et de bonté. Je les vois qui posent leurs mains sur mon ventre et parlent avec amour à mon petit. Elles dessinent avec de la terre de couleur de beaux tableaux dessus tout en disant des bénédictions. Nous rions beaucoup. J’entends des chants, beaucoup de chants, comme des rythmes d’Hawaï qui appellent mon petit. Je chante une longue prière, comme une myriade de notes-bougies qui ouvre mon corps, balaye la douleur, la transcende en bonheur et laisse mon petit passer. Je vois ses yeux si courageux, si innocents, tout imprégnés de divinité. Il tête. Mon corps est sa source. Et je le vois sourire, et rire, et dormir en suçant son petit pouce et poser ses mains sur mes joues pour les caresser. Falcor : « ton fils : on ne l’entendra quasiment jamais pleurer. » Alors le désir balaye la peur, un grand « oui » à la Vie prend forme et soudain, je veux me battre pour ce rêve, et pour qu’il soit possible pour d’autres, d’autres enfants, d’autres porteurs de Vie.
Les pseudos-réalités s’effondrent toujours sous les galeries que creusent sous elles les soi-disantes utopies.

L’œuf a pris chair et a fait de mon ventre son nid. J’ai rencontré d’autres femmes enceintes, nous avons célébré nos grossesses et nous nous sommes entraidées. J’ai fait un parcours pour accoucher à domicile et j’ai été accompagné par une doula et une sage-femme libérale effectuant cette très noble œuvre d’aider les femmes à accoucher chez elles, dans l’intimité et la confiance. J’ai chanté durant tout mon accouchement en priant et en parlant aussi à mon petit bébé. Mon petit oiseau en qui je déverse tous mes chants grandit chaque jour. Je ne comprends pas les propos sur l’allaitement : « c’est votre choix! » Pourquoi alors ne pas dire la même chose de la marche? « Tu peux marcher, tu peux aussi remplacer tes jambes par des béquilles, c’est ton choix! »  Comment peut-on banaliser le fait que des personnes choisissent que leur enfant soit 27 fois plus enrhumé (si on ne prend que cette donnée) que les autres, en prenant du lait industriel?

Puis presque cinq mois ont passé et une nuit, je rêve d’oiseaux aux belles plumes colorées et harmonieuses. Mes cheveux sont devenus de paille et de laine. Je prends rendez-vous dans un salon de coiffure que l’on m’a conseillé, « pas comme les autres », où l’on utilise des produits confectionnés sur place à base d’argiles, d’huiles, d’hydrolats, d’eaux florales… : « L’Oiseau bleu » ! Nathalie m’enveloppe de son regard : « est-ce que vous allaitez? Avez-vous eu votre retour de couche? Quelle est l’odeur de votre sueur actuellement? » Rien que d’entendre ces questions, cela fait du bien. Enfin on me parle de choses réelles. Tandis que mon petit est dans les bras de nounou Valérie dans notre nid, je me fais cajolée par une autre femme emplie de bonté. Je vois dans ce salon de belles personnes aux cheveux « poivre et sel » remplis de santé, aux regards lumineux, je vois une jeune fille aux boucles denses dans lesquels on a envie de passer les doigts. Et puis Nathalie me masse le crâne, me fait m’allonger sur un matelas ultra confortable pour le shampooing et le soin. Des volutes décorent tout le salon. Nous avons tant besoin de tels cercles de bonté qui rayonnent de plus en plus en et autour de nous, une bonté qui rencontre l’unicité et le rythme de chacune et chacun.  « Vous allez avoir votre retour de couche » m’annonce Nathalie.
Et quand je sors du salon, qui est-ce que je vois passer dans le ciel d’azur dans un éclair blanc? Oui, c’est bien mon ami Falcor : il me fait un clin d’œil, la boucle est bouclée."

Le salon de coiffure est bien L'Oiseau bleu, au 17 rue Gubernatis, à Nice.